Partager l'article ! Pensées et ravissements, Appel aux guerrires pacifiques - page 39 à 80: Notre éveil Nous pouvons concourir à cet ...
Notre éveil
Nous pouvons concourir à cet éveil par notre action positive sur notre environnement au sens le plus large qui soit.
Que cette attitude éveillée aille du sourire d’encouragement au frère en détresse jusqu’à la joie partagée au bonheur du prochain. Ainsi nous répandrons la lumière sur tout notre environnement social.
Mais lorsqu’on parle d’environnement, nous vient d’abord à l’idée le respect de la faune et de la flore dont nous dépendons car tout est relié dans une relation d’interdépendance infinie.
Yann Arthus-Bertrand, repenti de ses actes polluants (dix ans de Paris-Dakar), l’a d’ailleurs bien compris : ses films nous dévoilant la richesse de la bio-diversité et ses posters envoyés gratuitement dans toutes les écoles de France font de lui un guide dans cette volonté d’éveil.
Quant aux émissions de CO2 dégagées par ses vols en hélicoptères pour avoir cette célèbre vue du ciel, il les compense par autant d’engagements financiers auprès de projets écologiques.
Ainsi, à son exemple, tout notre entourage, au sens le plus large qui soit, doit ressentir notre réel intérêt bienveillant à son égard.
C’est la condition première de la perpétuation de notre espèce sur terre lors du prochain millénaire.
L’engagement en une nécessaire droiture d’esprit est également une condition fondamentale de cet éveil.
Il faut absolument rester intègre, juste, posé et établi. La Bible fait référence à la maison construite sur la roche et non sur le sable !
Il faut donc voir à long terme si nos plaisirs immédiats ne provoqueraient pas de souffrances dans notre vie, celle de nos proches et notre environnement élargi.
Ce sont les bases d’une réussite assurée et des plus grands plaisirs, fussent-ils repoussés pour être appréciés au bon moment. Les grecs appellent cela hédonisme.
Cependant, il ne faut surtout pas se priver de tout plaisir, la vie doit être vécue dans la joie. Célébrons-là car chacune de nos heures peut être la dernière.
Ainsi, il faut viser un juste milieu entre les jouissances immédiates et ultérieures car de petits plaisirs immédiats peuvent tromper l’attente des plus grands.
Cet humanisme profond n’est encore visible que chez une minorité d’humains semble t-il et pourtant…
Pourtant les bons samaritains croisent ma route et ils sont toujours là quand le temps me presse au creux de la vague.
Force est de constater que des frères et des sœurs m’accompagnent sur ce petit chemin.
Et malgré la décadence morale actuelle, je sens toujours au fond de l’homme cette potentialité d’amour et d’entraide. Mais le meilleur de lui-même est souvent enfoui, plus ou moins profondément.
Il faut alors aller le chercher, tel un trésor de pure énergie, si toutefois l’on y est autorisé par l’ouverture d’esprit de notre prochain qu’il s’agit d’aider.
Car tout un chacun contient du bon, de l’utile, de l’agréable qu’il lui s’agit de découvrir.
Puissions-nous simplement attirer son attention sur sa propre lumière.
Une fois de plus, je trouve un écho à cette conviction en l’enseignement de la 481ème pensée de Râmakrishna : « Vous cherchez Dieu ? Alors cherchez-Le dans l’homme ! Sa divinité se manifeste dans l’homme plus que dans tout autre objet ».
Qui plus est, de par ma vie nomade, j’ai pu côtoyer un large public en constatant que la majorité des êtres rencontrés, quelle que soit leur origine, avaient le souci de bien faire, à leur propre niveau, dans leur propre domaine.
Ainsi, pour Martin Luther King, il revient à dire : « Si tu ne peux être pin au sommet du coteau, sois broussaille dans la vallée. Mais sois la meilleure petite broussaille au bord du ruisseau. Si tu ne peux être route, sois sentier. Si tu ne peux être soleil, sois étoile. Ce n’est point par la taille que tu vaincras. Sois le meilleur, quoi que tu sois ».
Nul chemin n’est meilleur qu’un autre du moment qu’il soit orientés vers la lumière. Nul n’est identique à un autre puisqu’il est personnel".
D’autre part, la rue étant un espace public de par essence, il est très rare d’y rencontrer un individu ne respectant pas les normes d’amabilité, de politesse et de respectabilité sociale (qu’il conviendrait aussi d’appliquer en l’intimité du logis…).
Dans cette espace, les fauteurs de troubles ne sont toujours qu’une minorité. Mais ils sont tout aussi précieux à la société car ils se révèlent être de puissants indicateurs de ce qu’elle a à améliorer.
Ainsi, leur rébellion doit être prise en compte, tentée d’être comprise afin d’en traiter les causes, comme un médecin se base sur les symptômes d’une maladie pour poser un diagnostic, alléger la souffrance.
Mais eux ne sont pas les plus dangereux…
Nous tous, « gens bien-pensant », enfermons bien plus d’obscurité sans le savoir.
Elle est bien plus sournoise que celle du « délinquant ». Car, à l’opposé d’une voiture brûlée, notre indifférence ne scintille d’aucun éclat. On ne retrouve jamais la trace de monsieur ou madame X, parfaits anonymes au sein de la foule…
Pour exemple, je me rappelle avoir traversé très lentement une longue avenue très fréquentée, les yeux rivés sur une silhouette qui semblait de plus en plus ennuyée au fur et à mesure que je m’en approchais.
Il s’agissait d’une vieille dame dont les clés avaient roulées sous la voiture. Un nombre incalculables de piétons l’avaient frôlée, pas un ne l’avait aidé.
Je me rappelle les remerciements confus de la vieille dame et ma confusion plus grande encore car mon aide était des plus normales dans un monde devenu anormal.
Chaque être bien-pensant pensait justement de trop à sa propre existence, son propre planning, ses propres jouissances et frustrations.
Si bien qu’il n’y avait plus la moindre place disponible pour autrui…
De plus, dans Le Cri, Georges Moustaki chante: « ...ces petits viols mesquins qui font partie de notre vie de tout les jours... ».
De l'indifférence à la domination, des phrases assassines, de la cruauté et de l'injustice... tant d'armes malsaines contenues en nous et largement employées dans l'anonymat le plus complet...
Par ailleurs, j’ai vu tant de gamins touchés par ces attaques, devenus haineux et bagarreurs et finir par s’éveiller et rayonner dès lors qu’ils percevaient une lueur d’intérêt bienveillant dans mon regard…
Je suis passée par trois départements différents en tant que surveillante (la Marne, la Haute-Marne et la Côte d’Or) et par trois autres (la Nièvre, le Nord et les Ardennes) en tant que professeur des écoles remplaçante.
Ainsi, j’en ai rencontré des petits gars en souffrance, déphasés par leurs aînés, bien plus déphasés qu’eux encore. Les enfants sont les premières victimes du monde des adultes.
De plus, leur .esprit est différent du notre puisqu’ils ont moins d’expérience. Ils perçoivent donc nécessairement les choses différemment de nous. Ils ne peuvent se projeter dans l’avenir qu’aussi loin que ce qu’ils ont déjà vécu.
Comment un gamin peut-il alors intégrer les échecs et travers des adultes : l’alcoolisme, les violences conjugales, le divorce ou même la prison ?
Rares sont les classes ou il n’y en ait pas un, voire même plusieurs. Et nombreux sont ceux qui n’ont connus que ça depuis leur plus « tendre » enfance.
Le mien avait huit mois lorsque je le sauvais des diverses tares et vices paternels… Il aura souffert dans les deux cas : de la violence de sa présence ou de celle de son absence. Ainsi, au combien pouvais-je me projeter dans la souffrance des enfants rencontrés.
Eux-mêmes, ne pouvant intégrer la souffrance des adultes, ne pouvant y poser des mots, la traduisaient selon leur seul moyen : la violence. Car, là où il n’y a pas les mots, il y a les poings.
Et à chaque fois que je prenais la main de l’un d’entre eux, j’y ressentais un besoin intense d’être aimé. Ce besoin en tout homme, mais si vivace et si naturel chez eux, en rendait cette attraction magnétique…
En leur donnant ma réelle attention, je libérais leur parole et de petits miracles d’éveil et d’accalmie s’opéraient, momentanément…
Le chêne, du modeste gland qu’il fut un jour à son état le plus vénérable nous donne la leçon suivante : il faut du temps, beaucoup de patience et aussi un environnement propice pour espérer pousser solidement.
Ainsi, faut-il du temps et la cohérence d’un tout avant que les erreurs de comportement ne fassent place à une âme adroite en droiture.
Mais tout les acteurs potentiels autour de l’enfance, qu’ils soient sociaux, médicaux, enseignants ou parentaux ne se tendent pas assez la main.
Ce clivage généralisé est un problème majeur en France : nos différents services sont fermés les uns aux autres.
C’est donc aux individus de se manifester car ils ne peuvent attendre un système dépourvu du logiciel adapté. Se diriger vers chaque partenaire potentiel de cette équipe éducative doit devenir un réflexe.
De même que viser l’unité au sein de ce grand corps qu’est la société, il faut sauver les enfants du péril moral, de la noyade matérielle en nous réunissant solidement autour d'eux.
J’ajoute que les armes que sont la patience, la considération et la bienveillance reçue de son prochain lui sont des aides précieuses, quel que soit son âge car nous avons tous besoin d’être écouté et respecté.
Quand l’homme prendra conscience du pouvoir tout puissant de l’Amour, il voudra l’acquérir. L’intérêt pour son prochain devenu une norme sociale sera un signe de notre éveil.
Lorsque notre système actuel aura prouvé son incapacité à rendre l’homme profondément heureux par le pouvoir matériel, le pouvoir spirituel prendra le relais.
Lorsque nous agissons sur le monde avec et par amour, nous intégrons ainsi un nouveau pouvoir : celui de l’alchimiste. Car alors ce que nous touchons a la possibilité de se transformer en or.
Que ce soit le boulanger et son bon pain, le maçon et son bel ouvrage, le musicien et la magie de son envol… bien plus que la bigote ne manquant aucune messe, ceux-là sont dans la Vérité quand ils dirigent l’amour de leur domaine de prédilection au monde alentours.
Un tel pouvoir doit tout de même nécessiter un réel travail sur soi, et c’est loin d’être aisé. Cela nécessite de la discipline et de la persévérance. Car tout sera fait pour nous annihiler, nous rendre aveugles et sourds aux priorités de la vie, selon la volonté même de ceux qui détiennent le pouvoir politico-financier... Il est bien plus facile de diriger une bête de somme...
Malgré les échecs quasi constants imposés par le climat actuel, aussi bien social, qu’ économique ou éducatif, nous devons persévérer en cherchant en nous la force et la sérénité. Pour apaiser la tempête extérieure, nous devons rechercher la paix intérieure car selon Râmakrishna (1087ème pensée) : « une fois qu’on a trouvé son équilibre dans son âme intérieure, on le possède aussi dans le monde extérieur ».
Pardonnons-nous en cas d’échec pour repartir aussitôt en direction de cet objectif merveilleux. Car Dieu est d’autant plus miséricordieux que nous sommes ici pour apprendre par le jeu des réussites et des échecs, comme l’enfant qui commence à marcher et ne cesse de tomber. Encore faut-il se relever, oser à nouveau.
Le petit enfant fait preuve d’une grande persévérance dans l’apprentissage de ce qui nous paraît aujourd’hui anodin.
Ainsi, ne doit-on pas oublier l’enfant qui sommeille en nous. Son humilité, son enthousiasme, sa soif de vie en font un phare dans la nuit de nos errances.
L’homme s’humanisera et progressera en s’ouvrant à sa propre jeunesse.
Notre comportement ayant évolué sera signe d’une nouvelle ère pour l’humanité : celle de la reconstruction de ce formidable chantier qu’est la condition de toute vie sur Terre.
****
Mais hélas ce changement ne sera planétaire qu’après bien des désastres écologiques et sociaux.
Combien de richesses naturelles, de peuples tribaux, d’espèces animales et végétales, de sites magnifiques auront disparus et combien d’êtres en souffrances seront apparus avant cet éveil ?
Jusqu’à quel point la Terre et ses éléments doivent-ils se rebeller pour que l’Homme cesse enfin de les exploiter sans reconnaissance et sans limite ?
Il est écrit dans la Bible que jusqu’à l’apocalypse, le premier ange déchu montera en puissance, entraînant ses légions à sa suite et ses ouailles à leur perte.
Certains scientifiques appuient en moi cette conviction en affirmant que l’homme n’a jamais connu de crise aussi grave car le changement climatique est la première crise globale à laquelle l’humanité entière est confrontée.
Ses conséquences seront écologiques mais aussi politiques et économiques.
Le déplacement en masse des populations qui en résultera amènera inévitablement la guerre. Les plus catastrophistes d’entre nous songent même à une troisième guerre mondiale…
Si la Nature devient folle, les hommes deviendront fous puisque leur survie en dépend.
Nous avons suffisamment irrité la Création pour que nous ne puissions racheter nos fautes, semble-il.
Ainsi, quelques prévisions bien scientifiques que voici, viennent corroborer mes propos, afin qu’ils ne soient pas taxés d’illuminés mais au contraire pris au sérieux.
Je cite, d’une source dont je n’ai plus le nom mais dont je remercie les auteurs :
« Le changement climatique annoncé fait peser sur l’homme de nombreuses menaces, parmi lesquelles :
• déplacement massif de populations dû à l’augmentation de 9 à 88 cm du niveau des mers avec risque d’inondations, voire de submersion, pour le Bangladesh, les atolls du Pacifique ou la Camargue
• risque sanitaire, avec le développement des maladies transmissibles par les moustiques et parasites (paludisme, fièvre jaune, etc.), du fait d’une modification de leurs aires de reproduction
• réduction de la sécurité d’approvisionnement en eau avec l’augmentation des sécheresses et l’évolution du cycle de l’eau
• accentuation de l’effet de serre avec la fonte du sol gelé en permanence dans les régions froides ce qui engendre l’émission de méthane
• réduction de la couverture neigeuse des stations de moyenne montagne et nécessité de mutation économique
Face aux risques naturels accentués par la pression humaine, la meilleure parade pour les populations locales est de préserver les écosystèmes : les forêts évitent les glissements de terrain lors de fortes pluies et les zones humides limitent les inondations… »
Il est grand temps de nous adapter au lit du cours d’eau et non l’inverse…
Mais à chacune des secondes de ce monde chaotique, chaque peine endurée, chaque injustice commise, chaque enfant mort de faim, chaque larme versée aiguise la lame d’un soldat de lumière.
« Les anges inscrivent sur leurs registres chaque larme versée pour la Douleur, (…) l’éther porte chaque soupir de nos cœurs », écrivait encore Khalil Gibran.
J’imagine alors chaque goutte de pluie représentant une larme angélique car les souffrances d’ici-bas atteignent les cœurs célestes. D’ailleurs n’est-ce pas pour ça que le temps pluvieux rend si triste ?
Chaque goutte de pluie représente la larme d’un ange sur le désert qui avance…
Au plus haut des cieux, le seigneur du renouveau est prêt depuis longtemps.
Les éléments déchainés, les injustices commises encore et encore et les souffrances humaines, animales et végétales ne sont-ils pas autant de trompettes éclatant au firmament sanglant ?
S’il en est ainsi, que justice soit faite.
Elle peut être bonheur ou malheur selon bien des facteurs : notre propre réalisation personnelle, celle de l’humanité et les plans divins.
Mais si toutes les horreurs commises par les hommes font partie du grand mouvement du monde, nous ne pouvons les effacer, elles ont existé, existent et existeront encore tant que nous les reproduirons…
J’ajoute même que l’on ne doit surtout pas les effacer mais nous en rappeler constamment pour tenter de ne plus les reproduire sans cesse.
Cela entre dans la démarche logique de l’enfant qui tombe en apprenant à marcher que d’avoir en mémoire immédiate ses précédentes chutes par la vision de ses genoux écorchés. Gardons en notre esprit la fraîcheur d’un tel enseignement.
Alors, les propos de Jean Cayrol tiennent ici toute leur place en rappelant que les horreurs commises ne doivent pas être regardées comme des images d'Épinal mais comme une possibilité toujours latente.
Elle peut se réveiller si l’on n’y prend garde, car nous contenons en nous autant de lumière que d’obscurité… tout n’est que potentialité.
Je cite : « … il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines, comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres ; qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s’éloigne comme si on guérissait de la peste concentrationnaire ; nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays et qui ne pensons pas à regarder autour de nous et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin… ».
Les génocides et autres atrocités humaines sont autant de bleus sur nos jambes qui nous rappellent qu’il ne faut plus tomber.
Ainsi, Thomas Jefferson, en parlant de cette plaie encore béante qu'est l’esclavage, l’assimilait à une sonnerie d’alarme dans la nuit, l’éveillant et le remplissant d’effroi.
Mais j’ai l’espoir en un jour où nous ne jetterons plus aux oubliettes les générations entières qui se sont sacrifiées pour obtenir le droit au bonheur et au respect.
La traite des esclaves et les génocides contre les peuples juifs et tsiganes entrent enfin dans le programme scolaire. Mon espoir ne semble pas vain.
Mais il y a encore tant de blessures faites à l'humanité passées sous silence pour raisons pécuniaires...
L'argent-roi nous enchaîne à un cycle destructeur qui nous ramène aux mêmes souffrances et déviances, aux mêmes erreurs, aux mêmes dominations, aux mêmes manipulations.
Petit exemple, en 2009, malgré les dégâts faits sur nos troupeaux par la farine animale, une agro-industrie ne voulant commercialiser que des poules, massacre les poussins mâles et les réduits en farine... Les nuggets dont raffolent nos petits contiennent plus d'horreur et de dégénérescence que de vitamines et d'énergie...
Le phénomène de manipulation des peuples ne cessent de se répéter.
Et à travers les millénaires et les civilisations, ce phénomène de répétition s'appliquent aussi aux hommes sortis de ce système purement mercantile et qui tentent de sauver Dame Nature elle même, rappelant qu’elle aussi a droit au respect et à la sérénité.
En effet, ils sont toujours les plus rares et les mêmes baillons sont posés sur leur bouche.
Alors n’oublions pas les hommes qui aujourd'hui se battent et se sacrifient pour notre mère universelle, mère des minéraux, des plantes, des animaux humains ou non : La Création.
Ainsi, n’oublions pas Jeffrey Luers, jeune activiste américain à la défense des forêts, arrêté en 2001 et condamné à 22 ans de prison pour avoir brûlé trois SUV, ces monstres ultra-polluants, camions que l’on fait passer pour des voitures.
Cependant, dès que l'on passe à plus officiel, l'argent s'en mêle inévitablement : que ce soit Green Peace, le CFSI (Comité Français pour la Solidarité Internationale), WWF (World Wide Fund for Nature, une organisation non gouvernementale internationale de protection de la nature et de l’environnement), OXFAM (confédération de 13 organisations qui, avec leurs 3000 partenaires répartis dans plus de cent pays, élaborent des solutions durables à la pauvreté, à la douleur et à l’injustice), AVSF (Agronomes et Vétérinaires sans frontières) ou encore BIOCOOP (rassemblant plus de 300 magasins bios dans un esprit d’équité et de coopération) … Les histoires de gros sous ternissent toujours le tableau.
Qu'importe, la plupart des activistes engagés honnêtement dans ces combats sont bien loin des magouilles de haut vol.
La preuve que le combat est bel et bien mené par certains d’entre nous…
C’est grâce à eux que je crois encore en l' homme.
Alors, il nous faut absolument soutenir nos frères et nos sœurs engagés par nos actes quotidiens car, aussi dérisoires qu’ils puissent paraître qu’une fermeture de robinet pendant le brossage de dents, ils rendent justice à leur sacrifice et rendent honneur à leur engagement.
Mais pour ne pas désespérer dans cette perspective à court et moyen terme où l’homme chute encore et encore, je place tout mon espoir dans le long terme.
J’avoue qu’il en est ainsi pour toutes mes peines…
L’espoir en l’avenir est mon bouclier car aussi lointain fut-il que l’horizon de l’océan, il existe cependant bel et bien dans l’espace-temps que mon esprit lui a crée.
Ainsi, j’ai l’espoir en un jour lointain où l’Homme se déplacera avec aisance, sans perturber le Grand Ordre Cosmique par ses incessantes et idiotes culbutes!
Au passage, petit apparté.
Je tiens à souligner ici l'ignorance des hommes face à cette plante sacrée, Ayahuasca, qui, elle, a pleine conscience de sa mère divine en elle et qui la conduit au chaman quand il vient la consulter.
Ayahuasca est, pour les ethnobotanistes, la plante la plus intelligente parmi toutes les plantes de conscience modifiée.
Pour les chamans la pratiquant, elle est la mère de toutes les autres plantes.
Merci à Romuald Leterrier, chercheur indépendant en ethnobotanique, qui dans Les plantes psychotropes et la conscience, décrit parfaitement cette entité.
Mais attention : cette liane, puisqu'elle est divine, contient les caractéristiques du yin-yang.
Donc elle peut être aussi bien noire que blanche, destructrice que constructrice (comme le sont aussi les offrandes données lors de rites vaudou pour le sort ou le vœu).
Mon regard affligé la voit aujourd'hui inclue dans des circuits touristiques.
Hélas, sans préparation et sans un immense respect et une connaissance de l'environnement dans sa globalité(plante, peuple…), le touriste lambda s'expose à un grand danger.
Alors merci à Jan Kounen, qui nous l'explique si bien lors de ses discussions avec Jeremy Narby et Vincent Ravalec dans Plantes et chamanismes.
Il y a un grand travail d'éthique et de respect envers le savoir chamanique (plantes et peuple autochtone) à produire et poursuivre de la part des occidentaux, forts d'un autre savoir.
Ainsi, Ayahuasca est divine en ce qu'elle élargit son cercle d'action vers les deux extrêmes.
En réalité, vers la sphère dense du pôle masculin de la divinité alors qu'ici, il est l'éther imprégnant toute chose.
De même que l'aspect féminin, la Création, est dense ici et éther aux opposés.
De plus, je suis persuadée que, comme Ayahuasca, toute la création, du minéral à l'animal (excepté la plupart des humains), a pleinement conscience de cette divinité en lui.
La fourmi et la montagne n'en pensent pas moins par leur composition même, leur appartenance universelle à cet espace plus ou moins vide, le temps variant en fonction et toujours dans la même proportionnalité.
Et si les gènes sont différents, ne partageons-nous pas le même brin d'ADN avec le moindre des êtres vivants ?
Voici une esquisse remontant à mon adolescence qui semble tout droit venue du cœur d'un esprit végétal...
****
Un autre signe de cet éveil collectif sera une cohésion de nos multiples croyances en la reconnaissance d’un Dieu unique. Les sept principales religions se tiendront par la main en exhortant les hommes à se pardonner, s’accepter et apprécier leurs différences, véritables joyaux de la richesse planétaire.
Cet espoir est infaillible puisque je m’appuie sur des parallèles offerts par la Bible : « Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises », Apocalypse révélée à Jésus, verset 1.20.
Il est intéressant de noter également ici le parallèle offert par les grands sages tibétains pour qui ces sept églises sont des métaphores des sept chakras : tous doivent être des roues se mouvant en harmonie, de façon équilibrée, pour le plus grand bien du corps et de l’esprit. Il en va de même pour les sept églises et le plus grand bien de l’humanité.
Fait étonnant, ce chiffre sept nous renvoie aussi à la Kabbale lorsqu’elle révise sept strophes de la genèse (dans le livre de Dzyan, longtemps protégé de la destruction dans des cryptes tibétaines). Ainsi, sept symbolise la fin de la création du monde.
On peut aussi y découvrir l’existence de sept nobles seigneurs vivant en paix et de sept vérités dans la première strophe.
A la troisième strophe, il est fait mention de « la dernière vibration du septième éon ».
Strophe quatre, on peut lire « nous, descendants des sept originels ».
Strophe cinq : « les sept premiers souffles du dragon de la sagesse… » .
Et dans le Zohar, autre livre de la Kabbale, nous apprenons l’existence de sept autres mondes…
Si ce chiffre est récurrent à travers tant d’écrits religieux, ce n’est sans doute pas anodin… Il est le symbole de perfection dans toutes les religions.
Mais revenons à l’existence des sept églises. Un jour, Dieu fasse qu’il soit le plus proche possible, le bon sens forcera la multitude, et non plus seulement les éveillés, à reconnaître que des environnements différents, crées par des climats différents, ont développés une flore, une faune et des individus différents, ce qui a engendré forcément des cultures et des religions différentes, chacune détenant une parcelle de vérité, chaque chandelier projetant sa lumière.
Khalil Gibran vient lui aussi nous éclairer sur ce point, ainsi : « Toi et moi sommes les enfants de la même foi, car les divers sentiers religieux sont chacun un doigt de la main aimante de l’Unique Etre Suprême. Et cette main se tend vers tous, avec ardeur, offrant à tous la plénitude de l’esprit ».
Par sa 474ème pensée, Râmakrishna ajoute : « Vous pouvez visiter toute la terre, vous ne trouverez nulle part la vraie religion. Elle n’existe pour vous que dans votre cœur ».
Ainsi, aucune religion n’est supérieure à l’autre, l’homme accédant au divin d’abord en lui-même.
La Bible m’offre à nouveau un parallèle intéressant avec les sept têtes de la bête chevauchée par Babylone prostituée. Ainsi, quand arriveront les sept anges de l’apocalypse, elles seront précipitées dans un trou si profond qu’il n’atteint nul fond.
Comme ici bas règne l’argent-roi, il est logique que ce sont les sept têtes les plus puissantes de ce monde qui perdront un jour tout ce qui fait leur existence : l’argent.
Un jour, il perdra toute valeur, le système monétaire s’effondrera. Cela semble être ce que je lis à travers les lignes de la Bible.
Et c’est aussi ce vers quoi semble tendre les humains avec leur surconsommation à tout prix, leur chiffre d’affaires qui n’a d’autres choix que de grossir à outrance pour survivre parmi les gros poissons ultra mondialiste. Nous ne pourrons soutenir éternellement une telle course effrénée.
De plus, la Nature est essoufflée, la faune et la flore défigurées à jamais, chaque espèce disparue étant une cicatrice sur le visage de notre Mère. Il est grand temps de panser ses plaies.
Ainsi, j’ai foi en ce futur système d’échange et d’entraide, de dé-consommation et d’efforts mutuels adaptés aux capacités de chacun si injustement qualifié d’anarchie par le système actuel, celui qu’en réalité nous devons rejeter.
La Bête Humaine en chacun de nous sera alors dominée de façon toute personnelle, et ce, tout particulièrement, dans la classe des dirigeants religieux. Cela s’applique d’ailleurs en chaque individu en dirigeant un autre.
Car comment être crédible dans notre exigence de droiture si l’on n’y travaille pas aussi soi-même ?
Nous serons alors libérés du monstre humain, notre dénominateur commun. La face obscure de chacun d’entre nous sera enfin maîtrisée.
Tout comme l’homme qui appris un jour à maîtriser le feu et qui s’y brûla, à partir du moment où nous aurons assimilés en notre chaire que la perfidie, la convoitise, la rancœur sont autant de braises qui peuvent nous brûler les doigts, nous n’y mettrons plus la main.
Alors justement, à partir du moment où nous le comprendrons à large échelle, cela ne dégagera-t-il pas autant de chaleur humaine ?
Mais revenons aux religions…
Que l’on remonte aussi loin dans l’histoire de l’humanité ou que l’on appelle l’âme de chaque peuple à témoigner, on retrouve toujours une dévotion en quelque chose de plus grand.
Car l'Éternel est en tout homme, quelle que soit sa religion, qu’il en ait une ou pas.
Il est en tout ce qui est vivant car il a reçu son souffle et en tout ce qui ne l’est pas car chaque atome de matière et d’antimatière lui est dédié.
La majorité des hommes le vénèrent selon l’Ancien Testament, l'Évangile, le Coran, le Baghavatgita, les écrits baha’is ou les gâtas de Zoroastre en tentant de lui donner un nom universel alors que nos langues, nos coutumes et nos histoires sont différentes !
D’autres encore suivent la voie du Tao, le juste milieu ou les sermons du Bouddha. Il s’agit alors plus de philosophie que de religion. Plus précisément, la source divine n’est pas recherchée tel un Dieu extérieur mais en nous mêmes.
Mais le résultat est le même : l’éveil de la divinité en nous, le parfait équilibre entre le yin et le yang, le nirvana n’est qu’une autre façon de dénommer ce vers quoi nous aspirons à retourner, la lumière qui nous guide étant la même.
De plus, les différentes étiquettes ne sont pas incompatibles mais peuvent s’enrichir en s’imprégnant les unes des autres.
Et d’ailleurs, j’ai retrouvé une longue période occultée par la Bible de la vie de Jésus grâce aux écrits de lamas au combien saints hommes.
Ainsi, pendant plusieurs années, Jésus de Nazareth sillonna L’ Inde et le Tibet et y rencontra de grands sages. Il y fut formé aux philosophies orientales.
Une anecdote amusante est qu’il y fut même formé au tantrisme, une science occulte comprenant parmi ses multiples facettes l’amour charnel à distance. Mais tord ont ceux qui s’en offusquent car Dieu est Complet Amour…
Ainsi, celui qui, plus tard irait faire porter la bonne parole en son pays, la fit d’abord fructifier en Orient.
Alors, ne guerroyons plus à au sujet du nom qu’il conviendrait d’adopter pour notre Créateur, des rites à accomplir, de la façon dont il est loué. L’important est qu’il le soit d’abord en notre cœur.
Depuis la nuit des temps, l’imposition d’un nom plutôt qu’un autre n’est que pure stratégie géopolitique organisée par les grandes puissances colonisatrices (divisant les autochtones) pour mieux régner.
L’ambition démesurée de chaque chef religieux et politique qui veut tirer à soi la couverture du pouvoir survolte l’ego de chaque petit soldat parti en croisade.
Alors qu’en nous la partageant cette immense couverture du pouvoir, nous nous réchaufferons mutuellement.
C’est en nous serrant les uns contre les autres, en nous réunissant que nous affronterons les frimas de nos querelles ancestrales au sujet du nom de Notre Créateur, Dieu d’ Amour, de Justice et de Paix et que le peuple cessera d’être manipulé comme un pion sur un échiquier géant.
****
Toutefois, si l’on tente malgré tout de donner un nom universel au Très-Haut, on ne peut appeler cet Infini que par un nom composé d’opposés car étant la source de tout, Il est nécessairement ce Tout, le tout et son contraire !
Mais certaines évidences seront plus difficiles à admettre que d’autres…
Ainsi le dogme masculin aura le plus grand mérite quand les millénaires passés à sa toute puissance ne seront pas utilisés comme arguments de sa légitimité mais quand, au contraire, le féminin sera reconnu comme partie intégrante de la divinité.
L’aisance dans laquelle baignent les seigneurs, qu’ils soient religieux, politiques, de la finance ou du foyer conjugal, est si communément admise et si confortable pour eux, que leurs efforts et leur volonté doivent être infaillibles pour accéder à un plan de conscience plus élevé.
Ô combien seraient-ils loués s’ils y parvenaient alors que la peur les paralyse.
Leur peur d’être dominés par la femme n’est pourtant pas justifiée car de l’homme ou de la femme, nul ne doit asservir l’autre.
Il s’agit de complémentarité et non de rivalité. N’oublions pas que deux pôles opposés s’attirent…
Cela ne veut pas dire qu’à une femme aimante, son émancipation lui interdise la volonté d’entourer son bien aimé de toute sa bienveillance. Bien au contraire.
Si ces élans proviennent du cœur et que ceux-là soient mutuellement reçus, sous quelle que forme que ce soit et sans aucune attente de la part de chaque partie du tout appelé couple, alors l’équilibre sera atteint, les deux partenaires ne formeront plus qu’un.
D’autre part, avec l’évolution de notre société occidentale, la femme est plus active qu’autrefois. Elle ne peut donc plus assumer à elle seule la charge domestique qui, auparavant, lui incombait. Mais elle l’a portée si longtemps qu’il est difficile pour les hommes d’abandonner cette tradition ancestrale, d’autant plus qu’ils en étaient bien aises jusqu’à présent !
Bien sûr qu’autrefois la situation était idéale, le foyer plus solide, les enfants non livrés à eux-mêmes… Mais nous ne pouvons que nous conformer à ce que nous impose cette société : aujourd’hui, un salaire ne suffit plus pour vivre dignement.
Ou encore faut-il être assistées pour reproduire la vie de nos aïeules, sans parler de la retraite inexistante…
J’ajoute encore qu’en ces temps de délocalisation et de misérable chômage, l’homme se retrouve de plus en plus à la maison. Et quand le chômage touche un homme et que sa femme travaille, cela peut devenir frustrant pour lui…
Cette frustration ne doit cependant pas devenir une peur de castration car l’homme a le devoir de soutenir sa compagne comme elle le soutient sans utiliser les clichés et les conceptions traditionnelles pour rejeter la sale besogne. En faisant preuve d’humilité, on se grandit. Nulle tâche au sein du foyer n’est supérieure à l’autre, pourvu qu’elle soit accomplie.
Bien sûr, en tant que femme mon regard fut porté sur l’autre moitié du couple. Mais plusieurs frères m’ont également confié être victime de la mauvaise grâce de leur compagne au sein du foyer.
Chacun de nous, homme ou femme, doit veiller à agir équitablement en son logis, l’espace le plus privé.
Il doit aussi en être ainsi jusqu’en l’espace le plus public : nous devons viser la parité, le respect mutuel en ayant conscience que nous sommes incontestablement complémentaires.
Évidemment, nous ne pouvons être parfaitement égaux aux vues de nos incontestables différences.
Il est vrai que le sexe masculin et le sexe féminin sont les parfaits opposés quelles que soient leurs représentations : Mars (divinité guerrière) et Vénus (déesse de l’amour), la lumière et l’obscurité, la domination et le dévouement, l’éveil de la puissance illuminative et la vacuité, le vide le plus total…
Or, chacun de nous n’est ni pure lumière ni obscurité absolue, ni totalement l’un et ni totalement l’autre. Au contraire, nous contenons tout en nous.
Ainsi, chacun de nous, homme ou femme, génère en lui des forces masculines et féminines à tout moment de sa vie, dans tous les domaines, toutes les situations et, la plupart du temps, sans le savoir. Il est temps d’ouvrir les yeux !
Ainsi, dans toutes nos relations, quelles soient sociales ou sexuelles, nous alternons conquête et soumission selon le désir ou le besoin du moment. En d’autres termes, il faut parfois savoir laisser le courant nous mener et d’autre fois tenir bon la barre.
Aucune de ces forces n’est supérieure à l’autre mais, au contraire, nous avons besoin des deux en alternance car la vie est toujours changeante, mouvante, pleine de surprise.
Nous n’avons d’autres choix que d’ouvrir en grand l’éventail de nos possibilités, ainsi nous serons capables de nous adapter à un plus large spectre de situations données.
De plus, puisque hommes et femmes disposent déjà de ce double bagage énergétique, nous sommes identiques en cette réunion des contraires. En prenant conscience de cela, nous n’avons plus besoin de chercher dans le sexe opposé une énergie qui a toujours été présente en nous.
Ainsi, les individus formant un couple n’ont plus à se fatiguer mutuellement et à détruire les fondements de leur union dès lors qu’ils comprennent qu’ils sont nés complets. Ceci étant depuis nos origines, de l’alpha à l’oméga.
Quand l’homme aura intégré cette vision des choses, il accèdera à un plan spirituel supérieur. Mais la multitude est loin d’être prête, c’est pourquoi ce signe sera surement parmi les derniers à apparaître.
Ainsi, Jimmy Hendrix affirme que « seul un complet renouveau spirituel peut amener l’humanité à la fin de ce cycle, à la sphère supérieure de l’évolution ».
****
Bien des étapes nous sont encore nécessaires avant d’atteindre ce bien-être ici-bas.
J’aspire à cet état où nous sera alors pardonné cet oubli fâcheux, la prise en considération des deux pôles de la Divinité.
Cette complémentarité n’est de cesse démontrée sous nos yeux, ouvrons donc les yeux, aveugles et arrogants que nous sommes !
Les polarités positives et négatives, le Yin et le Yang, le jour et la nuit, le micro et le macro, le vide et le plein, le noir et le blanc, l’homme et la femme, le masculin et le féminin en chacun de nous. Dieu est tout à la fois !
Et chacun d’entre nous, étant fait à son image, est aussi tout à la fois. Ainsi, personne n’est tout noir ou tout blanc.
Le petit enfant l’apprend naturellement quand il dépasse le fameux complexe d'œdipe. Mais la plupart du temps, l’adulte qu’il est devenu l’a oublié.
L’importance de l’aveuglement se mesure à la moitié du Tout qui est occulté. C’est dire l’épaisseur du voile pour cacher une telle évidence !
Mais si ce mal est le plus grand dont nous puissions être délivrés, nous le serons d’ abord par nos propres efforts pour faire tomber le masque car la vérité des hommes est communément admise depuis si longtemps…
Dans sa lettre à Lucilius, Sénèque (philosophe grec) écrit : « une grande partie de la vie s’écoule à mal faire, la plus grande à ne rien faire, la vie toute entière à faire autre chose ». Il est grand temps de faire ce pourquoi nous sommes venus ici bas : nous parfaire.
Il est grand temps d’accéder à notre propre divinité éveillée.
Or, il est écrit dans la Bible que nous avons encore besoin de mille ans après le retour du Christ avant de retourner à l'éden originel.
Son attente risque d’être longue car il n’est actuellement question que de l’apparition des faux messies !
Il me fallu être marquée par l’un d’eux au fer rouge avant d’apprendre à les reconnaître. Mais heureusement, je ne suis pas la seule à les démasquer.
Ainsi, je cite de nouveau Khalil Gibran : « je vis des prêtres à la bouche écumante qui ressemblaient à des renards rusés. Je vis de faux messies chercher à arranger le bonheur de l’homme tout en conspirant contre lui… et j’aperçus des prédicateurs lever les yeux au ciel, dans un geste d’adoration, alors même que leur cœur était enseveli au fond des tombes de l’avidité ».
Le messie se fait attendre. A moins que ce soit encore une parabole car Jésus en était friand… Car il connaissait le caractère universel du langage métaphorique.
Alors, peut-être que son esprit descendra d’abord en chacun de nous, à partir du moment où nous nous éveillerons et non pas en chair et en os, tel que nous l’attendons. Alors seulement cet homme pourra être chacun de nous.
Et peut-être, effectivement, qu’à partir de là, l’un d’entre nous émergera du lot à un moment donné, instrument du Très-Haut, au service de l’homme.
Peut-être faut-il que l’inconscient collectif, celui-là même déterminé par Jung, devienne suffisamment réceptif au divin sommeillant en lui pour qu’un tel être soit engendré.
Alors, j’appelle de tout mon cœur tous mes semblables à rayonner intérieurement, à s’emplir d’amour car chaque âme a son poids sur la balance.
****
Petit aparté, en relation avec les mille ans cités plus haut : je vais vous faire part maintenant de ce qu’on pourrait appeler une petite révélation. Je m’explique…
Dans une librairie ésotérique appelée « La Clef », endroit magique vibrant littéralement, je me dirigeai comme dans un rêve vers un des rayons et saisis un livre, la vision des Andes, de James Redfield. Je l’ouvris et le feuilleta.
Ce fameux cycle me sauta aux yeux quand j’appris qu’après la chute de Rome et sa désintégration totale, les ecclésiastiques de l’époque médiévale régnèrent pendant mille ans.
S’en suivit une méditation pensive, car cette information me renvoyait à ce laps de temps déjà évoqué.
Mais je sentais qu’il y avait encore un autre chemin synaptique qui pouvait être emprunté au tréfonds de ma mémoire et qui ne demandait qu’à être défriché…
J’exulte alors à la joie de vous faire partager ce souvenir adolescent. Il s’agit d’une lecture : Aspects du mythe de Mircea Eliade, expert en mythologies et cosmologies du monde entier.
Il avait noté les divergences mais surtout les convergences des peuples et des religions de la terre entière, jusqu’aux chamans, aux peuples tribaux les plus reculés, aux cultes prophétiques et millénaristes.
Le fameux cycle de 1 000 ans y est redondant et vérifié par delà l’espace et le temps. Il est un dénominateur commun aux hommes, aux quatre coins de la terre (bien qu’elle soit ronde !).
Dieu est infiniment grand car il place les indices sur ma route pour m’aider à éclaircir le chemin qui conduit à lui.
J’ai l’aval de beaucoup de mes aînés et le sentiment si fort que nous sommes à la croisée de deux chemins : le nouveau cycle de création ou notre destruction.
D’ailleurs, les passages recopiés lors de mes jeunes années le rappellent. Ainsi, Mircea Eliade étudia les Guarani du Mato Grosso, je cite : « certaines tribus croyaient que la catastrophe serait suivie d’un renouvellement du Monde et du retour des morts. D’autres tribus attendaient et désiraient la Fin Définitive du Monde.
Nimuendaju écrivait en 1912 : « Non seulement les Guarani, mais toute la nature est vieille et fatiguée de vivre. Plus d’une fois les hommes médecines, lorsqu’ils rencontraient en rêve Nanderuvuvu, ont entendu la Terre l’implorer : « J’ai dévoré trop de cadavres, je suis repue et épuisée. Père, fais que cela finisse ».
N’y a-t-il pas un parallèle saisissant avec l’état actuel de Dame Nature ?
Il est grand temps de nous éveiller à ce constat : sans elle, nous ne sommes rien.
L’alarme est donnée depuis bien longtemps. Aujourd’hui, la colère gronde et les catastrophes naturelles allant en s’amplifiant ne font que commencer.
Voici, recopié dans ce livre, un autre passage surprenant :
« L’année ordinaire a été considérablement dilatée en donnant naissance à une “Grande Année” où à des cycles cosmiques d’une durée incalculables. Au fur et à mesure que le cycle cosmique devenait plus ample, l’idée de la perfection des commencements tendait à impliquer cette idée complémentaire : pour que quelque chose de véritablement nouveau puisse commencer, il faut que les restes et les ruines du vieux cycle soient complètement anéantis. Autrement dit, si l’on désire obtenir un commencement absolu, la fin du Monde doit être radicale ».
Cette conception tribale de la fin des temps n’est-elle pas la même que celle décrite par la Bible, là où rappelons il est écrit que la Bête à sept têtes sera jetée dans un puits sans fond ?
Puisque nous nous y dirigeons inexorablement, nous n’avons pas d’autre choix que de combattre en nous-mêmes cette bête immonde, cet orgueil démesuré, ce matérialisme carnassier afin d’accéder à un complet renouveau.